Le e-commerce des bijoux

Bien que le contexte économique soit toujours relativement difficile en ce début d’année 2017, nous pouvons sans trop nous avancer, au vu des chiffres dans leur globalité, que le marché de l’HBJO (Horlogerie-Bijouterie-Joaillerie-Orfèvrerie) se porte relativement bien en France. Assurément la démocratisation toujours grandissante des sites marchands n’y est pas pour rien et la constante mutation de ce secteur grâce aux nouveaux leviers offerts depuis plusieurs années par la numérisation du service y participe grandement. Il est alors légitime de se poser une simple question : d’où provient ce constant essor de la vente en ligne ?

Le e-commerce en pleine croissance, encore !

Toujours mouvant, le commerce en ligne se trouve de nouvelles tendances au fil des années, c’est ainsi que pour cette année 2017 plusieurs évolutions se démarquent du constant lot de nouvelles idées plus innovantes les unes que les autres. Ainsi, le m-commerce est toujours au centre de l’intérêt de nombreux groupes avec une recherche non pas de création d’applications mais bien d’optimisation de la « responsivité ». Bien qu’aujourd’hui la quasi-totalité des sites marchand propose une version mobile de leur site (94% d’après la Fevad), la maximalisation du « responsive design » est un levier nécessaire sachant qu’en fonction de la taille des sites, certains réalisent près de 20% de leurs ventes via les canaux mobiles. Qui dit e-commerce ne dit pas forcément livraison à domicile comme semble nous le prouver la large progression du « click and collect » et la montée en puissance du « click and reserve ». Le « click and reserve » ou « reserve and collect » est la possibilité pour un client de réserver son produit en ligne sans pour autant avoir à le payer sur internet. Celui-ci paiera sa commande à sa venue en magasin et seulement après avoir testé ce même produit. Enfin, avec les transformations opérées par les réseaux sociaux, le e-commerce a su s’adapter et s’engage toujours autant dans ce qui semble être incontournable, le rôle des réseaux sociaux. A la fois outil de promotion et de propagation de tendances, les réseaux sociaux, Facebook en tête ne sont pas en reste avec une utilisation par quasiment 98% des vendeurs online. La France se place en termes de CA B to C deuxième après le Royaume Unis et cinquième au niveau mondial, au regard de ce classement nous sommes en droit d’augurer un avenir radieux pour le commerce online dans l’hexagone.

Et le secteur bijouterie joaillerie, il en est où ?

Avec un chiffre d’affaire à la production de près de 2 milliards d’euros, le marché HBJO en France se découpe en trois grands secteur qui se partagent la grande majorité du gâteau. Nous retrouvons donc Les « bijoux précieux » avec 51,6%, les « montres » avec 33,1% et les « bijoux fantaisie » avec 9,3%. Les chiffres restent tout à fait corrects pour ne pas dire plutôt bons, nous enregistrons tout de même 7,4 Milliards d’euros de valeur du commerce extérieur et à titre d’exemple le bénéfice des ventes de montres, un marché à la dérive depuis quelques temps représente tout de même 5,7 milliards d’euros. Pourtant, le produit le plus vendu demeure envers et contre tous, la bague. Depuis 2015 et une première augmentation du CA HT sur les ventes de bijoux et de montres en France, le marché reprend des couleurs et continuera à le faire, bien que ces évolutions soient portées par l’horlogerie principalement, les bijoux et notamment ceux en argent affichent aussi une hausse qui se retrouve contrastée et plus mitigée du côté des bijoux en or. Si les bijoux en or 770/1000 sont relativement stable, ceux en or 375/1000 régressent. Malgré cela, les bijoux restent la plus grosse partie du marché (en valeur) en France avec comme nous le disions plus tôt 51,6%. Revenons-en à notre produit phare, la bague. Ce bijou particulier représente pas moins de 46% des ventes de bijoux en or avec quasiment 2 millions d’unités vendues en une année. Le diamants rafle lui aussi une mise importante avec 42% des ventes de bijoux en or qui lui sont affiliées.

Deux en un, le secteur bijouterie joaillerie et le e-commerce

En corrélation avec la progression de la vente à distance, le marché des bijoux ne cesse d’accroitre et représentait fin 2015 5,6% du marché français en valeur. L’activité HB (Horlogerie Bijouterie) se concentre par périodes autant en « retail » standard qu’en vente en ligne. Nous pouvons ainsi retirer la fin de l’année avec la période des fêtes mais aussi la période de mai à juillet avec des évènements tels que la fêtes des mères, cependant, bien que certaines périodes puissent être considérées comme creuses, la consommation a su se dépersonnaliser avec actuellement près de 24% des bijoux achetés sans occasion particulière. La vente en ligne de bijoux est souvent motivée par des facteurs précis comme les prix, la flexibilité ou encore la possibilité de commander sans se déplacer, cependant ; Les acteurs doivent redoubler d’inventivité pour pallier les nombreux freins à ce type de consommation. Les pure players souffrent de l’absence de point de vente physique qui offre la possibilité d’essayer le produit mais aussi permet de voir et toucher son futur achat de plus, les risques liés à la contrefaçon ou aux problèmes de livraison sont le lot quotidien de nombres de sites online. C’est pourquoi, les revendeurs en ligne autant que les grands groupes doivent se pencher avec sérieux sur les différentes stratégies à adopter, que ce soit une stratégie purement produit, une stratégie prix, distribution avec la possibilité d’ouvrir un showroom pour rassurer le consommateur ou encore une stratégie de communication créative. Autant de leviers qui permettent non seulement le développement de la prestation globale mais aussi de s’installer durablement dans le paysage du e-commerce Français.